Blog du collectif de la lutte contre les grands projets inutiles dont le Lyon Turin
Voici la lettre de France Nature Environnement sur le Lyon Turin. Dans une première partie, elle met en relief le manque d'études d'impactes pour la partie Lyon-Sillon alpin, puis dans une deuxième partie, elle souligne la baisse du trafic qui ne rend pas pertinent la nouvelle ligne feroviaire lyo turin. Enfin, elle énonce les priorités que sont les TER où rien ne se fait. Elle demande donc un débat public sur la traversée des alpes pour le fret.
| N/réf : SD/1201001 Objet : Report de l'enquête d’utilité publique (EUP) Nouvelle Liaison Ferroviaire Lyon-Turin (NLFLT) – itinéraire d’accès partie Française et ouverture d'un Débat Public sur les traversées alpines. | Madame Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET Ministre de l’Ecologie, du Développement durable, des Transports et du Logement Hôtel de Roquelaure 246, boulevard Saint-Germain 75007 Paris Paris, le 13 janvier 2012 |
Madame la Ministre,
Les associations signataires ont l'honneur de vous demander de sursoir à l'enquête d'utilité publique pour la Nouvelle Liaison Ferroviaire Lyon-Turin (NLFLT) car nous pensons que les conditions ne sont pas remplies pour démarrer une telle enquête. En effet, l’Autorité environnementale a remis le 7 décembre un avis très critique soulignant les graves insuffisances dans les études et justifications du projet. Nous rappelons les impacts très importants de ce projet sur les zones humides et les paysages de la plaine Bourbre-Catelan en Nord-Isère, de la Combe de Savoie au Nord de Chapareillan (Isère), le marais d’Avressieux de l’Avant pays-Savoyard et pour l’étape 2, la zone Natura 2000 dite de la "plaine du Canada". Il nous semble utile de rappeler l’importance des zones humides tant sur le plan hydrologique que sur celui de la biodiversité. Comme l’a souligné l’Autorité Environnementale, les impacts, les tracés alternatifs et les mesures compensatoires éventuelles n’ont pas été suffisamment étudiés, et les mesures compensatoires ne sont pas prêtes à être intégrée à la DUP
Plus fondamentalement, la réalisation d’une nouvelle ligne, avec ses impacts très lourds, ne semble pas être justifiée par les études disponibles à ce jour. En effet les études de trafic sont insuffisantes, notamment pour l’approche modifiée du projet (Etape 1 sans accès marchandises vers la vallée de Maurienne) et des alternatives telles l’aménagement des lignes existantes n’ont pas été présentées.
Ni les impératifs de transport des marchandises ni la demande de déplacement à longue distance des personnes ne justifient une précipitation pour cette Enquête Publique:
Concernant le transport des marchandises,
on note que depuis près de 10 ans, le trafic marchandise dans les Alpes du Nord est globalement en baisse. La modernisation de la ligne ferroviaire historique entre Ambérieu et Turin aujourd’hui au gabarit Européen B1 permet d'accepter de 17 à 19 millions de tonnes de marchandises par an alors qu’il en passe actuellement moins de 3 millions de tonnes !
Concernant les déplacements de longue distance des personnes,
ils sont au mieux stagnants et leurs poids, en nombre, sont relativement faibles au regard de l’ensemble des déplacements, tous modes confondus. En revanche, en une dizaine d’années, la demande TER a plus que doublé pour les déplacements de moyennes distances dans les zones urbaines de Chambéry, Grenoble et Lyon
. Cette augmentation s'est faite malgré l'état déplorable tant des infrastructures que du service SNCF.
Selon nous, l'urgence est à l'amélioration des infrastructures existantes alors qu'à notre connaissance il n’y a eu aucune étude de projet alternatif portant sur l’amélioration de capacité sur la ligne en Y existante entre Lyon et Chambéry/Grenoble. Nous tenons à souligner que les collectivités locales comme la Communauté d’Agglomération Porte de l’Isère (CAPI) sont demandeuses
Nous demandons également que soit prise en considération notre demande d'organiser un Débat Public sur la traversée des Alpes par le fret et les voyageurs avec la Commission Nationale du Débat Public
. En effet ce projet suscite de vives réactions tant de la part de la société civile que des élus locaux On a pu lire un article du Dauphiné Libéré le 13/12/11 qui donne le point de vue de Dominique Dord, député-maire d’Aix-les-Bains, qui si le fret doit « continuer durablement à passer par Aix et Chambéry, préfère qu’on abandonne le Lyon-Turin et qu’on couvre la ligne historique ».
De toute évidence depuis l’inscription de la LGV Lyon-Turin dans le schéma directeur national des LGV (décret du 1 avril 1992) la situation ferroviaire a, comme vous le savez, bien changé. Aussi nous semble-il opportun de reporter l'enquête d'utilité publique de la NLFLT après avoir réalisé la procédure de Débat Public qui s'impose et de répondre à l’urgence de l’amélioration de l’infrastructure existante et de son exploitation.
Dans l’attente de votre réponse, nous vous prions de croire, Madame la Ministre, en l’assurance de notre haute considération.